De quoi a besoin le cerveau pour apprendre ?

« Notre cerveau possède, dès la naissance, un talent que les meilleurs logiciels d’intelligence artificielle ne parviennent pas encore à imiter : la faculté d’apprendre.

Même le cerveau d’un bébé apprend déjà plus vite et plus profondément que la plus puissante des machines actuelles. Et cette remarquable capacité d’apprentissage, l’humanité a découvert qu’elle pouvait encore l’augmenter grâce à une institution : l’école. » Stanislas Dehaene

Encore faut-il que les apprentissages soient adaptés au fonctionnement du cerveau.

« Des décennies de recherches en psychologie expérimentale montrent que l’espacement est une stratégie bien plus efficace que l’enseignement en une seule fois. Si l’on dispose d’un temps fixe pour apprendre, mieux vaut répartir les leçons dans le temps que de tout apprendre d’un bloc. La distribution de l’apprentissage sur plusieurs jours a des effets massifs : l’expérience montre que l’on peut multiplier sa mémoire d’un facteur 3 lorsqu’on révise à intervalles réguliers plutôt que de tenter d’apprendre en une seule fois. »  Stanislas Dehaene

Toujours selon Stanislas Dehaene, il y a 4 piliers de l’apprentissage :

L’attention :

Avant de continuer la lecture, je vous invite à aller faire cette petite expérience : visionner cette vidéo et attention, comptez bien le nombre de passes que se font les filles portant un T-shirt blanc. Aurez-vous la bonne réponse ?

« L’expérience du gorille mérite vraiment d’être connue de tous, et particulièrement des parents et des enseignants. En effet, quand nous enseignons, nous avons tendance à oublier ce que c’est que d’être ignorant. Nous pensons que ce que nous voyons, tout le monde peut le voir. Et nous ne comprenons donc pas qu’un enfant puisse, sans aucune mauvaise volonté, ne pas voir, au sens le plus littéral du terme, ce qu’on cherche à lui enseigner. Or l’expérience est claire : s’il ne comprend pas à quoi il doit faire attention, il ne le voit pas, et ce qu’il ne voit pas, il ne peut pas l’apprendre. »

L’engagement actif :

« Un organisme passif n’apprend pas. Apprendre efficacement, c’est refuser la passivité, s’engager, explorer avec curiosité, générer activement des hypothèses et les mettre à l’épreuve. »

Le retour sur erreur :

« Les Shadocks, avec humour, l’érigeaient au rang de principe : « Ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir… En d’autres termes, plus ça rate et plus on a de chances que ça marche ! » Sans aller aussi loin, il est vrai qu’il est pratiquement impossible de progresser si l’on ne commence pas par échouer – à condition de recevoir un signal de feedback, une rétroaction qui nous indique la bonne voie. C’est pourquoi le retour sur erreur est le troisième pilier de l’apprentissage, et l’un des paramètres éducatifs les plus influents : la qualité et la précision du retour que nous recevons déterminent la rapidité avec laquelle nous apprenons. »

La consolidation :

« La consolidation, c’est cela : passer d’un traitement lent, conscient, avec effort, à un fonctionnement rapide, inconscient, automatique. Notre cerveau ne s’arrête jamais d’apprendre. Même lorsqu’une compétence est maîtrisée, il continue de la surapprendre. Il dispose de mécanismes de routinisation qui « compilent » les opérations que nous utilisons régulièrement sous la forme de routines plus efficaces. Il les transfère dans d’autres régions du cerveau où elles pourront se dérouler inconsciemment, en toute autonomie, sans perturber les autres opérations en cours. »

 

Sources :

  • DEHAENE S., Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines, Paris, Odile Jacob, 2018
  • L’express